Sa culture était profondément enracinée dans le romantisme mais sa musique est celle d'un novateur indépendant. Tout en partageant les préoccupations des grands compositeurs de sa génération, André Boucourechliev a toujours refusé de couper les passerelles reliant la musique actuelle à celle d'hier.
Né à Sofia le 28 juillet 1925, il reçoit les bases de sa formation musicale au conservatoire de sa ville natale (1946-1949) avant de s'établir à Paris. Il poursuit ses études à l'École normale de musique, où il travaille l'harmonie avec Georges Dandelot, le contrepoint avec Andrée Vaurabourg et le piano avec Reine Gianoli. Il travaille également avec Walter Gieseking à Sarrebruck. Entre 1952 et 1960, il enseigne le piano à l'École normale de musique. C'est l'époque où il découvre le sérialisme postwébernien, qui commence à déferler en France grâce à l'enseignement de René Leibowitz. Il s'intéresse aux formes les plus novatrices de la création musicale, travaillant notamment au Studio de phonologie de Milan (1957-1959) avec Bruno Maderna et Luciano Berio, puis au Groupe de recherches musicales de l'O.R.T.F., à Paris. Sa première œuvre importante est sa Sonate pour piano (1959). Parallèlement, il s'affirme comme un des musicologues et critiques musicaux les plus avertis, collaborant, dès 1956, à la Nouvelle Revue française, puis à Harmonie et à Diapason. Il signe quelques ouvrages marquant sur des compositeurs romantiques : Schumann (1956), Chopin (1962, nouv. éd. 1996), Beethoven (1963, 2e éd. augmentée 1976).
En 1967, il termine le premier volet d'une œuvre appelée à revêtir de multiples visages, Archipel I, pour 2 pianos et 54 instruments à percussion (la version pour 2 pianos date de l'année suivante). Les formes ouvertes, qui laissent à l'interprète le choix entre plusieurs solutions, donnent à celui-ci un important rôle créateur. L'œuvre musicale est « un réseau de signes qui peuvent former des mots inconnus, des faces à reconnaître, des sens à inventer. Mais qui formera ces mots, qui découvrira ces figures, qui parl […]
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