Acteur, auteur dramatique, metteur en scène, directeur de théâtre, André Benedetto est également considéré comme le fondateur du festival « off » d'Avignon.
Né à Marseille le 14 juillet 1934, il se lance dans l'aventure du théâtre à la fin des années 1950. Instituteur, il fait la rencontre de Gabriel Monnet lors de « stages d'été » avant de « monter » à Paris, puis de choisir Avignon, déjà célèbre pour son festival, comme point de chute. Il fonde la Nouvelle Compagnie d'Avignon et s'installe en 1963 au Théâtre des Carmes. En quelques années, il va transformer cette vétuste salle de paroisse en un lieu couru par toute une génération en quête d'un théâtre engagé, de nouvelles formes, également capable de favoriser l’émergence d’u n nouveau public. Après avoir adapté La Chute de la Maison Usher d'E. A. Poe, joué et mis en scène Claudel (L'Échange), Beckett (En attendant Godot) et Labiche (La Main leste), créé sa première pièce, Le Pilote d'Hiroshima, André Benedetto provoque en 1966 un coup de tonnerre dans le ciel d'Avignon. Plutôt que de fermer son théâtre comme il le faisait ordinairement le temps que durait le festival, il s'y impose en créant sa dernière pièce en marge de la programmation officielle. Il s'agit de Statues, une dissertation pour couple avec enfant qui brasse les thèmes les plus variés : la bombe atomique, la génération du baby-boom, le théâtre populaire et total, l'incommunicabilité... Le « off » est né. L'année suivante, il récidive avec Napalm, qui dénonce les bombardements américains sur le Vietnam. Quatre ou cinq troupes l'imitent. Quarante ans plus tard, on en comptera plus de huit cents.
Auteur, à l'époque, d'un texte-manifeste proclamant « Les classiques au poteau et la culture à l'égout », André Benedetto témoignera trente ans plus tard dans le numéro d'Auteurs en scène (éd. Théâtre des Treize Vents-Presses du Languedoc, 1999) qui lui est consacré : « Toutes ces années soixante, ça ne va pas arrêter de naître à l'énergie, à la poésie, à la conscience, à la périphérie, à l'histoire […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



