2. Antoine et le naturalisme
Il est d'usage de tenir Antoine pour « l'homme qui introduisit les boutons de porte dans la littérature dramatique » (Cocteau) et de réduire son œuvre à la stricte application au théâtre des procédés naturalistes. Certes, en lecteur et ami de Zola, Antoine a eu pour premier souci de créer sur la scène « le décor, le milieu – car c'est le milieu qui détermine le mouvement des personnages, et non les mouvements des personnages qui déterminent le milieu ». Et il a souvent usé de la convention du « fameux quatrième mur » (il aimait à citer Ibsen : « J'abats le mur d'un appartement et je regarde ce qui s'y passe »). Mais il n'a jamais voulu s'en tenir là, ni passer pour un disciple de Zola : dès le second spectacle du Théâtre-Libre, il fait appel à Émile Bergerat, un irréductible adversaire du naturalisme, et monte sa Nuit bergamasque, une pièce en vers. Ensuite, son travail débordera largement les principes du « naturalisme au théâtre ».
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