4. Vers une esthétique du grandiose
La production récente de Andō Tadao traduit un penchant vers une certaine monumentalité, parfois assez emphatique. Il emploie de manière répétée de vastes emmarchements très spectaculaires, comme au musée d'Art contemporain de Naoshima (1988-1992) ou au musée historique Chikatsu-Asuka à Ōsaka, (1990-1992). Apparaissent fréquemment des tours et de hauts volumes, par exemple au musée des Enfants de Himeji (1987-1989), ou des fosses en spirales (Centre de recherches « Fabrica » pour la société Benetton, près de Trévise, 2000), des tracés en ellipse et un certain nombre de formes ovoïdes aux connotations biologiques. Son projet de restructuration de l'île de Nakanoshima au centre d'Ōsaka (sans cesse remodelé depuis 1988), colossal enchaînement de sphères, pyramides, portiques immenses et vastes amphithéâtres, a montré combien il était aujourd'hui tenté par un répertoire grandiose, qu'il paraît avoir puisé notamment chez Étienne-Louis Boullée, l'artiste visionnaire de l'âge des Lumières.
Andō Tadao, architecte extrêmement fécond qui a peut-être, au fil de sa nombreuse production, épuisé les joies simples dont il s'était fait le héraut et qu'il a déclinées avec constance depuis plus de trente ans, aura prouvé que les voies étroites de la sobriété esthétique étaient encore porteuses d'émotion architecturale en cette époque très éclectique. Il a su réintroduire le sentiment du sacré dans une production d'esprit parfaitement contemporain.
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