2. Diorites
C'est à l'abbé Haüy (Traité de géognosie de J. F. d'Aubuisson de Voisins, 1819), qui mettait ainsi l'accent sur la présence, dans ces roches plutoniques, de minéraux différant nettement les uns des autres par leur couleur, que les diorites doivent leur nom (du grec diorizô, je distingue). Elles sont formées essentiellement d'un feldspath plagioclase relativement sodique (de l'oligoclase à l'andésine) et de hornblende verte pouvant être accompagnée de pyroxène et de biotite. La composition des diorites est relativement variable selon leur lieu de gisement (tabl. 2).
La définition de la famille des diorites dans la classification des roches plutoniques pose des problèmes délicats, car il s'agit de roches intermédiaires entre les granodiorites, les syénites, les gabbros et les anorthosites.
Presque toujours, en effet, à côté des minéraux essentiels (plagioclases, hornblende-pyroxène-biotite), il existe du quartz et de l'orthose en quantité plus ou moins grande. Si le quartz devient suffisamment abondant, il y a passage aux diorites quartziques ; si c'est l'orthose, aux syénites ; si c'est à la fois le quartz et l'orthose, aux granodiorites. Les limites sont nécessairement arbitraires ; la plupart des auteurs admettent une teneur en quartz inférieure à 5 p. 100 et une proportion d'orthose allant jusqu'à 10 p. 100 du total des feldspaths.
Lorsque le plagioclase est pratiquement le seul constituant, la roche devenant hololeucocrate (indice de coloration inférieur à 10), il y a passage aux anorthosites.
Les diorites ne forment que rarement des masses indépendantes, et alors toujours de petites dimensions ; elles apparaissent le plus souvent comme des faciès de bordure ou des enclaves dans de grands plutons principalement granodioritiques.
C'est d'autant plus remarquable que leurs équivalents volcaniques, les andésites, ont au contraire une vaste répartition hors des domaines intraocéaniques. De plus, dans les régions où dominent les laves andésitiques (cordillères ouest-américaines, par exemple), les roches plutoniques associées sont généralement plus acides (granodiorites, tonalites, monzonites). Il faut […]
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