3. Le schématisme médiéval
Auparavant, les artistes médiévaux, comme les byzantins, eurent recours, dans la construction de leurs figures, à des procédés graphiques qui, s'ils aboutissent à la conservation de quelque canon, ne correspondent pas à celui des Anciens. Au lieu de noter les fractions proportionnelles d'un type idéal, ils ont procédé par simple composition technique d'un même module. Fructueuse simplification planimétrique qui contribue par ailleurs à figer des traditions d'atelier. Un autre type de moyen technique est celui qui a rendu célèbre l'album de Villard de Honnecourt, un schématisme régulateur qui constitue, selon les intentions mêmes de l'auteur, une méthode expéditive de dessin. Ici, il n'est plus question de bonne proportion ni de la vérité anatomique, mais plutôt d'une commodité de configuration reliée évidemment à une expérience de dessinateur.
Les lignes indicatrices permettent finalement de situer, les uns par rapport aux autres, les traits signalétiques essentiels, ou de noter des indications gestuelles qui aident à la reconnaissance d'une action, hors d'un souci de représentation proprement organique. Exemple, entre bien d'autres, de pratiques d'ateliers qui, peu à peu, ont perdu tout lien avec les spéculations sur les proportions corporelles qui avaient été vivaces dans la pensée cosmogonique du xiie siècle, faisant écho aux théories de l'époque hellénistique.
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