Les écrivains grecs, qui furent les premiers à donner un témoignage extérieur sur la religion iranienne ancienne, parlent tous du culte d'une déesse qu'ils comparent soit à Athéna, soit à Aphrodite. Il s'agit d'Anāhitā à laquelle un hymne important (le Cinquième Yasht) est consacré dans l'Avesta. Son domaine semble couvrir les trois fonctions de la prospérité, de la violence, de la souveraineté (selon la classification de Georges Dumézil), puisque le texte développe sa louange en l'appelant Aredvī (l'humide), Sūrā (la forte), Anāhitā (l'immaculée). Il est cependant possible qu'Anāhitā ait d'abord été exclusivement une divinité de la troisième fonction (donc homologue de la Sarasvatī du Véda) avant de se transformer en « grande déesse », surtout lorsque l'influence iranienne se fut étendue à tout le Proche-Orient (où les cultes féminins étaient nombreux aux alentours du ier siècle). Dans le système monothéiste de Zarathushtra, bien entendu, Anāhitā est une sorte d'ange qui « aide » le Seigneur Sage (Ahura Mazdā) et, à l'occasion, ses fidèles (dont Zarathushtra lui-même, selon le Cinquième Yasht).
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