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ANABASE, livre de Saint-John Perse

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En 1955, en réponse à un questionnaire sur les raisons d'écrire, Saint-John Perse déclare : « À la question toujours posée : « Pourquoi écrivez-vous ? » la réponse du poète sera toujours la plus brève : « Pour mieux vivre ». » Vie et écriture tissent intimement leurs trames dans une œuvre solitaire, liée aux plus exigeants soucis formels et cependant désireuse d'être « mode de vie – et de vie intégrale ». Publié pour la première fois dans la N.R.F. en 1924, Anabase fut repris en volume chez Gallimard en 1924 et 1925, mais ne revit le jour qu'en 1947 (édition fautive aussitôt retirée de la circulation) et 1948, l'auteur ayant interdit entre 1925 et 1947 toute publication de ses œuvres. Entre-temps, Anabase avait été traduit en de nombreuses langues, en allemand, en 1929, par Bernard Groethuysen et Walter Benjamin, en anglais, en 1930, par T. S. Eliot, en italien, en 1931, par Giuseppe Ungaretti et fut à l'origine de la reconnaissance internationale du poète Alexis Saint-Léger Léger qui signait alors St-J. Perse.

1.  Une « expédition vers l'intérieur »

Ce n'est pas à l'Anabase de Xénophon, récit d'une campagne militaire, qu'il faut référer le titre du poème, mais à ses sens étymologiques d'« expédition vers l'intérieur » d'un pays ou d'une âme, d'ascension ou de « montée en selle ». Comme il le confiera en 1960 à un journaliste : « Anabase a pour objet le poème de la solitude dans l'action. » C'est dans la solitude d'un petit temple taoïste désaffecté des environs de Pékin que Saint-John Perse rédigera son texte. Comme le fait remarquer Jean Paulhan, dans Enigme de Perse (1962), le héros d'Anabase est triple, tout à la fois « chef militaire ou dictateur », « poète ou historien qui escorte ce chef et lui sert de scribe », et, enfin, « mage, moine, illuminé qui interroge les étoiles et dégage le sens de l'aventure ». Sorte d'« épopée sans héros », les dix parties du poème, entourées de deux « chansons », forment un hymne à la Terre, sillonnée de toutes parts, et à ses espaces […]

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« ANABASE, Saint-John Perse » est également traité dans :

SAINT-JOHN PERSE (1887-1975)

Écrit par :  Charles MOELLER

Dans le chapitre "Des huîtres de Francis Jammes à l'exil (1900-1940)"  : …  essayait dans Stèles une « lecture » des signes géologiques et culturels de la Chine. *C'est dans un petit temple taoïste désaffecté que le poète écrit Anabase (publié en 1924 sous le pseudonyme de Saint-John Perse). Au « Fils du ciel » dont la projection emplit l'œuvre de Segalen, il substitue le personnage du PrinceLire la suite

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