4. L'anabaptisme pacifique
L'anabaptisme pacifique est le seul des mouvements anabaptistes du xvie siècle à avoir une descendance aujourd'hui, dans les assemblées dites mennonites. Cette branche de la Réforme radicale naquit à Zurich en 1525, d'un schisme entre Zwingli, réformateur du canton, et certains de ses disciples. Avec les hommes et les mouvements précédents, on avait affaire, sur le terrain protestant, à des résurgences de mysticisme et de christianisme médiéval plus ou moins intégrés à des problématiques luthériennes ; ici, par contre, on se trouve en face de la première dissidence protestante portant à leurs conséquences radicales les principes des réformateurs. Les influences médiévales n'en sont pas, pour autant, exclues complètement. L'originalité de l'anabaptisme pacifique tient à la façon dont il restitue le modèle de l'Église qu'il tire du Nouveau Testament. L'Église étant pour lui la communauté locale visible des convertis, n'y sont admises, sur profession de leur foi, que les personnes qui ont décidé de répondre avec fidélité à la prédication de l'Évangile. L'État n'a rien à faire avec ces assemblées, qui lui refusent le droit à toute intervention dans le domaine religieux. Vis-à-vis du monde, l'anabaptisme pacifique prend ses distances par la non-mondanité. Celle-ci consiste dans le refus du serment, de la guerre, de la participation à la vie politique, etc. et dans la simplicité de vie. Pacifique autant qu'il était possible, l'anabaptisme zurichois n'en fut pas moins sévèrement persécuté. Il passait pour révolutionnaire parce qu'il se soustrayait à la juridiction de l'État en matière religieuse. Son histoire postérieure se confond avec celle du mouvement mennonite.
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