2. L'amphithéâtre et les autres édifices d'accueil des combats
Pendant longtemps, Rome constitua un cas particulier par rapport aux autres villes. En effet, alors que beaucoup s'étaient déjà dotées d'un amphithéâtre, on continua longuement à donner ici les munera sur le Forum Romanum. C'est sans aucun doute le prestige inégalable de ce lieu, cœur de la capitale du monde romain entouré d'édifices sacrés, qui justifia aussi longtemps cette préférence. D'autres lieux prestigieux servirent également au déroulement de munera comme les Saepta Iulia (l'ancienne enceinte des élections), une vaste place entourée de portiques. Le Circus Maximus, conçu pour le déroulement de courses de chars en raison de ses dimensions considérables (plus de 600 mètres de longueur et une contenance de 250 000 places), fut réutilisé pour l'organisation de combats. Toutefois, afin de remplir l'immense espace de sa piste, ces derniers étaient beaucoup plus importants que les venationes ou les munera qui se déroulaient dans l'arène d'un amphithéâtre. De même, les grandes naumachies, combats donnés sur l'eau, se déroulaient dans un bassin du même nom (naumachia) qui pouvait atteindre plusieurs centaines de mètres de longueur et qui dépassait donc de loin les dimensions d'une arène (50 m sur 30 m en moyenne). Certains amphithéâtres comme celui de Mérida possédèrent toutefois un bassin, et l'on sait que des naumachies furent données dans l'arène pour l'inauguration du Colisée en 80 après J.-C. Ce n'est qu'avec l'apparition de cet édifice, successeur d'un premier amphithéâtre de bois bâti par Néron, que Rome fut enfin dotée d'un monument vraiment digne d'elle.
En Orient, on utilisa parfois en outre les grands stades pour l'organisation de spectacles, et l'extrémité courbe de certains d'entre eux (comme à Perge et à Aphrodisias) fut tardivement aménagée en arène, mais ce ne sont là que des modifications ponctuelles concernant des édifices d'emprunt.
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