Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

AMOUR, fleuve

Page précédente Page suivante

3.  L'Amour moyen, un fleuve-frontière

À partir du confluent entre la Chilka et l'Argoun, l'Amour coule du nord-ouest vers le sud-est sur un millier de kilomètres, marquant la frontière entre la Russie au nord et la Chine au sud. Sur ce tronçon, les affluents importants sont tous de rive gauche. Nettement plus abondants que ceux du segment précédent, ils accroissent bien entendu le module brut de l'Amour d'amont en aval, mais aussi, ce qui est plus original, son débit spécifique. Ce dernier, qui n'était que de 2,9 l/s/km2 avant le confluent avec la Zeïa, passe à 4,4 après cet apport, puis à 5,3 en aval du confluent avec la Boureïa et même à 5,5 avant l'arrivée du Soungari. La Zeïa (9,1 l/s/km2) est le tributaire russe le plus abondant. D'une longueur de 1 242 km pour un bassin de 233 000 km2, elle apporte à l'Amour 2 100 m3/s par an.

C'est au confluent avec la Zeïa que se trouve la plus grande ville de l'Amour moyen, Blagovechtchensk, désormais préservée des inondations depuis la construction, en 1975, du barrage des Portes zeïennes. À la fin du xixe siècle, la ville était la plus grande de l'Extrême-Orient russe, loin devant Vladivostok. Mais la construction du Transsibérien l'évita. N'étant pas desservie par la nouvelle artère de transport qui suppléait l'Amour, Blagovechtchensk passa d'une situation de carrefour à celle de cul-de-sac, au bout d'une branche ferroviaire de 108 km la reliant à la voie principale. Accentué par la fermeture de la frontière entre l'U.R.S.S. et la Chine, cet isolement n'en permit pas le développement. Aujourd'hui, la ville compte 218 000 habitants (2002). Malgré l'ouverture gorbatchévienne, poursuivie par le nouveau régime russe, il n'existe toujours aucun pont reliant Blagovechtchensk à la Chine, nonobstant un projet avec Heihe, la ville chinoise qui lui fait face sur l'autre rive, et les gardes-frontière continuent de patrouiller toutes les nuits. La ville ne manque pourtant pas d'atouts, comme son centre de recherche scientifique sur le soja, unique en Russie.

La vallée de l'Amour moyen est en effet l'une des rares régions agricoles de l'Extrême-Orient russe. Le climat est certes difficile, avec ses hivers aussi froids qu'en Sibérie et ses étés chauds et humides de mousson, qui font pourrir le blé et les autres céréales tempérées, que les Russes s'acharnaient à cultiver lors de leur colonisation au xixe siècle. Depuis qu'ils ont entrepris d'y faire pousser des plantes subtropicales, les résultats sont meilleurs et la région est devenue l'une des premières de Russie pour le soja.

 […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« AMOUR, fleuve » est également traité dans :

ASIE (Structure et milieu) - Géographie physique

Écrit par :  Pierre CARRIÈREJean DELVERTXavier de PLANHOL

Dans le chapitre "Les confins mandchous et la région prémaritime du Sud"  : …  le matériel pré-paléozoïque n'apparaît au jour qu'au niveau de la zone axiale. La vallée de l'*Amour est formée d'une succession de gorges et de bassins sédimentaires, et se termine par une vaste étendue plane, dépourvue d'arbres et coupée de lacs et de marécages, dont la largeur varie de 10 à près de 100 kilomètres. À l'est de la basse vallée… Lire la suite
KHABAROVSK

Écrit par :  Pierre CARRIÈRE

… *Capitale du territoire homonyme de la Fédération de Russie (788 600 km2, 1 436 570 hab. au recensement de 2002), Khabarovsk, dont le nom a pour origine celui d'un explorateur du xviie siècle, fut fondée en 1858 et comptait 578 000 habitants en 2006. La ville, située au point de convergence de plusieurs voies de… Lire la suite
NIVKHE

Écrit par :  Emmanuel ZAKHOS-PAPAZAKHARIOU

… *Les Nivkhe peuplent le cours inférieur de l'Amour et l'île Sakhaline. Ils font partie du groupe des peuples paléoasiatiques, et les fouilles nous donnent la certitude qu'ils sont des descendants directs de la population néolithique de ce territoire. Leur nom, nivkh, signifie « hommes ». Avant la révolution de 1917, ils étaient connus sous… Lire la suite
SIBÉRIE

Écrit par :  Vadime ELISSEEFFPascal MARCHANDGuy MENNESSIER

Dans le chapitre "Plissements hercyniens du sud de la Sibérie"  : …  arc bifide vers l'ouest (Altaï-Kazakhstan et Tian-Chan) et un arc simple vers l'est (Transbaïkalie-*Amour). La branche occidentale est comprise entre les Calédonides et le massif précambrien du Tarim. Dans le Tian-Chan septentrional et l'ouest du Kazakhstan, on trouve une succession qui débute par de l'Archéen et du Protérozoïque métamorphisés.… Lire la suite

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média