1. Historique
On connaît depuis l'Antiquité le « sel ammoniac », c'est-à-dire le chlorure d'ammonium NH4Cl, dont le nom viendrait de celui du dieu égyptien Amon et qui, initialement obtenu par sublimation, en décomposant par la chaleur la fiente de chameau, était importé d'Orient.
En chauffant ce « sel » avec de la chaux, plusieurs alchimistes constatèrent la formation d'un gaz suffocant, mais ce fut Joseph Priestley qui, en 1774, l'isola en le recueillant sur la cuve à mercure et lui donna le nom « d'air alcalin ». Le nom d'ammoniaque par lequel on désigne aujourd'hui la solution aqueuse du gaz ammoniac, fut proposé par Torbern Olof Bergmann. Priestley avait été amené à considérer ce gaz comme un composé d'azote et d'hydrogène ; cela fut confirmé par Claude Louis Berthollet, qui, en 1785, en fit l'analyse et indiqua sa composition ; celle-ci correspond à la formule NH3, qui fait de ce produit le plus simple des hydrures d'azote.
Jusqu'au milieu du xixe siècle on a extrait l'ammoniac des eaux-vannes, dans lesquelles il se forme par décomposition de l'urée : après 1850, on l'a obtenu comme sous-produit de l'industrie du gaz. La carbonisation de la houille donne lieu en effet à la formation d'ammoniac, qui se condense sous forme d'eaux ammoniacales avec les goudrons.
Les gaz de fours à coke contiennent aussi de l'ammoniac que l'on fixa généralement, lorsqu'on entreprit leur traitement, à l'état de sulfate d'ammonium, utilisé comme engrais ; on s'était en effet rendu compte, entre-temps, de l'importance de l'ammoniac comme constituant des engrais azotés, et c'est cette question des engrais qui devait révolutionner la préparation de l'ammoniac et aussi l'industrie chimique.
C'est dans la seconde moitié du xixe siècle que s'est posé le problème de la fixation de l'azote de l'air. Devant la crainte de la famine mondiale prédite par l'économiste anglais Thomas Robert Malthus, on a entrepris l'exploitation agricole intensive grâce à l'utilisation d'engrais chimiques. On eut recou […]
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