Amintore Fanfani, mort à Rome le 20 novembre 1999, fut l'un des hommes politiques les plus importants de l'Italie contemporaine. Né en 1908 à Pieve Santo Stefano, dans une famille nombreuse de la petite bourgeoisie toscane, il obtient dès 1936 la chaire d'histoire de l'économie à l'Université catholique de Milan. S'il consacre deux études, en 1937 et en 1942, au corporatisme fasciste, ses essais reflètent moins une adhésion au régime que les prémices d'une pensée qui se précise et s'enrichit pendant la guerre au sein de la communauté du Porcellino, qu'il fonde avec Giuseppe Dossetti, Giorgio La Pira et d'autres jeunes intellectuels catholiques de gauche. C'est là que se forment les constantes de sa vision et de son action politiques : la recherche d'une troisième voie entre socialisme et capitalisme fondée sur l'éthique chrétienne, la collaboration de classe, l'importance des associations intermédiaires, comme la famille et le métier, et la subordination de l'économie à la politique. Chez Fanfani, le volontarisme de l'État s'accompagne d'un autoritarisme qui relève autant de la philosophie de l'homme que de son tempérament.
C'est ce cadre conceptuel qui explique largement […]
