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AMIDA

1.  L'expansion de l'amidisme

Amida était connu depuis longtemps en Inde, en Chine, au Tibet et même au Japon, depuis l'époque de Nara, où le célèbre voyageur Ennin avait rapporté de Chine la pratique de la méditation sur le nom d'Amida ; mais les impasses dans lesquelles finissaient par s'enliser la spéculation philosophique, les troubles tant physiques que moraux et le pessimisme né des guerres incessantes durant cette période créèrent un courant charitable et consolateur en faveur de l'existence d'un monde plus juste, où bons et méchants étaient traités selon leurs actes. La foi en Amida ouvrait la porte d'un paradis, le Gokuraku sekai (« Monde du suprême plaisir ») ou Jōdo (« Terre pure »), situé à l'Ouest, et d'où l'on accédait facilement à la bouddhéité. En revanche, les entrailles de la terre renfermaient un enfer où les méchants expiaient leurs forfaits. Exprimer sa foi consistait à répéter la formule sacrée Namu Amida Butsu (« Sauve-nous, Bouddha Amida »).

L'année 1052 – selon le comput chrétien – ayant été décrétée l'an I de la décadence générale, le bouddhisme connut alors un renouveau aux racines plus sentimentales qu'intellectuelles. Les optimistes, ceux qui pensaient avec une nuance d'individualisme que l'homme pouvait trouver en lui-même les ressources pour assurer son salut personnel, se livrèrent aux exercices de l'école connue en japonais sous le nom de zen (chan en chinois). On dit d'eux qu'ils choisissaient la voie difficile, par opposition aux amidistes qui, désespérant des forces de la pauvre humanité, préféraient s'en remettre à la compassion efficiente d'un intercesseur.

Dès le xe siècle, Kūya (903-972), moine du mont Hiei, près de Kyōto, parcourait villes et marchés, rassemblant le peuple dans son invocation d'Amida. Le moine Genshin (942-1017), du même monastère, sentait le besoin d'apporter à tout humain, fût-il sans force morale ou physique, un moyen de salut. Une secte de tendance amidiste, Yūzū Nembutsu (Nembutsu en communion), fut fondée par Ryōnin (Shoodaishi, 1072-1132), mais ce fut Hōnen (Genkū ou Enko-daishi, 1133-1212) qui créa en 1174 le

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Pour citer cet article

Vadime ELISSEEFF, « AMIDA  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/amida/

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« AMIDA » est également traité dans :

BOUDDHISME (Les grandes traditions) - Bouddhisme japonais
Dans le chapitre "Nouveautés et renaissances"
JAPON (Arts et culture) - Les arts
Dans le chapitre "L'emprise des sectes"
JŌCHŌ (mort en 1057)
Dans le chapitre "Un sculpteur national"

  

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