2. La maladie
L'amibiase revêt un aspect plus redoutable sous les tropiques qu'en région tempérée et, si les manifestations intestinales sont les plus fréquentes, ce ne sont pas les seules.
• Manifestations intestinales
L'amibiase intestinale s'extériorise sous deux modes différents :
– La dysenterie amibienne d'abord, expression la plus connue de la maladie, à tel point qu'on confond souvent amibiase et dysenterie amibienne. Or ce n'est pas, loin de là, l'accident pathologique le plus fréquent en climat tempéré.
Son début est brutal, avec de violentes douleurs abdominales, constrictives et intermittentes ; les selles vont se multiplier, dix par jour en moyenne, faites de glaires et de sang. Mais, d'habitude, l'état général s'altère peu, et la température s'élève modérément. Sous traitement spécifique, la guérison sera obtenue le plus souvent en quelques jours.
Les formes graves, typhoïdiques ou cholériformes, et les formes compliquées d'hémorragies ou de perforations intestinales se voient surtout sous les tropiques.
Point capital, dans tous les cas, après sédation de cet épisode aigu qui pourra du reste récidiver, la maladie aura une tendance naturelle à la chronicité.
– La colite amibienne chronique ensuite, aspect habituel et très polymorphe de la maladie en climat tempéré.
Le transit intestinal est toujours perturbé, fait de diarrhée chronique, mais aussi de constipation ou d'alternance des deux, et accompagné de douleurs coliques.
De multiples troubles peuvent accompagner la colite proprement dite : dyspepsie gastrique ou hépato-biliaire, atteinte de l'état général et manifestations neuro-végétatives telles que vertiges, maux de tête, palpitations, douleurs diverses et syncopes. La maladie pourra s'étendre sur des années. Bien plus, les troubles pourront continuer après disparition des amibes, si elles ont laissé des séquelles locales durables.
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