4. La question du désamiantage
À son tour est venue la question du désamiantage des immeubles bâtis (décrets du 7 février 1996 et du 13 septembre 2001). Dès son rapport de 1996, l'Académie avait cependant posé les jalons d'une nouvelle polémique en affirmant que « en France, une élimination radicale – et sans danger pour les personnes présentes – de tout l'amiante des bâtiments publics serait une opération d'une ampleur gigantesque, et dans l'immense majorité des cas inutile, toujours dangereuse pour l'environnement si des précautions draconiennes, à la limite des possibilités techniques, ne sont pas mises en œuvre ».
La faisabilité des opérations de retrait d'amiante reste au cœur du débat, qui s'est cristallisé autour des universités de Jussieu. Les innombrables retards accumulés dans la gestion prévisionnelle des travaux – dénoncés par les occupants au sein du Comité antiamiante dès les années 1970 –, le choc des points de vue, mêlant considérations immobilières et restructuration universitaire, ainsi que certaines prises de position contre le « désamiantage », dont celle de Claude Allègre, ministre de l'Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie et à l'époque directeur du Bureau de recherches géologiques et minières (B.R.G.M.), ont fait douter de l'opportunité d'engager le plus grand chantier de déflocage d'Europe (220 000 mètres carrés de locaux à traiter). Ouvert en 1996, le chantier était considéré comme réalisé aux deux tiers, dix ans plus tard, par la mission d'information du Sénat. Une lenteur due à la nécessité d'adapter les méthodes, d'opérer avec prudence, et de déplacer les usagers et leur mobilier.
Pour nettoyer la France, près de cent millions de mètres carrés de surface devraient être « désamiantés » à travers le pays dans les bâtiments publics ou privés. Outre le coût élevé, des opérations exigent d'être conduites selon un cahier des charges très rigoureux – protection des ouvriers, sacs spéciaux pour les déchets, extracteurs d'air, sas de décontamination, douches, confinement et mise en dépression des pièces à traiter.
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