5. Vie religieuse
Le premier soin des conquérants fut de détruire les religions indiennes et de convertir les Indiens au christianisme. La nouvelle religion, d'abord subie par les indigènes, fut ensuite acceptée volontairement, surtout dans les régions à forte densité de population du Mexique central, où la conquête spirituelle eut lieu très tôt et de manière intensive. Elle se fit avec plus de difficulté en pays maya, dans les lointaines montagnes du Centre, dans les steppes du Nord. Quelques groupes échappèrent à la conversion, d'autres furent à peine touchés. Les Indiens christianisés, c'est-à-dire la grande majorité, n'adoptèrent pas la nouvelle religion sans la modifier plus ou moins, l'adaptant à leur manière de penser. Aujourd'hui, il n'existe donc pas une seule religion dans cette zone, mais plusieurs formes de vie religieuse : catholicisme, catholicisme teinté de paganisme, catholicisme sans polythéisme mais transformé, polythéisme. Quel que soit leur univers religieux, tous les Indiens sont extrêmement pieux et observent avec ferveur leur religion.
Les Indiens polythéistes sont une infime minorité. Citons parmi eux les Lacandons, réduits à quelques centaines dans les forêts du Chiapas. Ces Indiens ont une trentaine de divinités, qui sont censées habiter un point précis de leur territoire et qui existent aussi sous forme d'encensoirs en terre cuite auxquels les Indiens rendent un culte. Un certain nombre de Lacandons vont tous les ans en pèlerinage à l'ancienne ville maya de Yaxchilán. Chez les Huichol, où l'influence chrétienne est presque inexistante, on peut dire que le polythéisme est sans limite. L'aspect le plus singulier de leur religion est l'assimilation totale faite entre le maïs, le peyotl et le cerf. Tous les ans, de petits groupes d'Indiens Huichol font un voyage de quarante jours à Real del Catorce (San Luis Potosi) pour aller cueillir du peyotl. Tout au long de l'année se succèdent des fêtes religieuses où sont inextricablement mêlés des cultes agraires en l'honneur du maïs, des cultes en l'honneur du peyotl et de la chasse […]
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