2. Ethnologie des sociétés traditionnelles
L'homogénéité déjà signalée des cultures amazoniennes s'accompagne d'une étonnante diversité linguistique. Outre les principales familles (Arawak, Carib, Tupi-Guarani, Gé, Pano, Tukano) différenciées dialectalement, de nombreuses langues isolées constituent une impressionnante mosaïque. Dans certaines régions (haut Xingú par exemple), quatre ou cinq langues mutuellement inintelligibles sont parlées dans des villages aux contacts réguliers et fréquents.
• Activités de production
Agriculture sur brûlis, chasse et cueillette en forêt, pêche dans les rivières sont les activités économiques de base. La technique du brûlis, connue dans toutes les parties tropicales et forestières du monde, consiste à abattre les arbres au commencement de la saison sèche et à mettre le feu aux troncs et aux souches avant le début des pluies. On plante ensuite sur la couche de cendres qui recouvre et enrichit le sol défriché.
La principale plante amazonienne cultivée est le manioc (Manihot utilissima) dont deux espèces sont domestiquées, l'une vénéneuse (manioc amer) et l'autre non (manioc doux). La consommation du manioc amer nécessite un traitement préalable pour en éliminer la toxicité due à la présence d'acide prussique. Divers procédés ont été mis au point par les Indiens, qui visent à provoquer l'évaporation du poison soit par la macération dans l'eau puis le séchage au feu, soit par l'ébullition du jus exprimé des tubercules au moyen d'une presse en vannerie. Le résidu de l'ébullition contient le tapioca. La masse des tubercules, devenue comestible, est convertie en galettes (la cassave des Guyanes et du Nord-Ouest amazonien, le beiju des Tupi du Brésil) ou en granulés (appelés « farine » au Brésil). Le manioc doux ne demande aucune préparation spéciale. Il est consommé bouilli ou rôti, comme les autres tubercules. Sa valeur nutritive est inférieure à celle du manioc amer, mais il est cultivé partout (peut-être fut-il domestiqué le premier), tandis que l'autre espèce est […]
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