2. Isotopes utilisés. Dangers biologiques
Parmi la vingtaine d'isotopes actuellement connus de l'américium, deux émetteurs alpha – 241Am et 243Am – jouent un rôle important dans la détermination des propriétés chimiques de l'élément, car ils bénéficient d'une durée de vie relativement élevée. Seul disponible pendant longtemps en raison de sa plus grande facilité de formation, 241Am permit d'établir, à l'échelle du microgramme, la majeure partie des connaissances actuelles sur les propriétés physiques et chimiques de l'élément. Mais la manipulation de cet isotope est dangereuse et requiert des précautions particulières ; en effet, l'activité spécifique du rayonnement alpha est très élevée (7,5 . 109 désintégrations par minute et par milligramme). En cas d'introduction accidentelle dans l'organisme, l'ostéotropisme de cet élément, joint à une toxicité chimique importante font que la dose de tolérance pour l'homme serait de 0,05 microcurie au maximum, soit 0,015 microgramme de 241Am pour la totalité du corps. D'autre part, il existe aussi un « risque externe », car le rayonnement alpha est associé à une émission gamma (59 keV). L'américium 243, de demi-vie plus grande (7 950 ans à comparer à 458 ans pour 241Am), donc d'activité spécifique moindre, serait plus approprié pour les études à l'échelle macroscopique, mais sa production est encore faible. Bien que les isotopes d'américium soient encore stables vis-à-vis de la fission spontanée, on a produit des isomères de durée de vie très courte par rapport à ce mode de désintégration (isomères de fission spontanée de quelques fractions de seconde).
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



