3. Les organismes et leurs modes d'intervention
Il est possible de se faire une assez bonne idée des politiques linguistiques menées par les pays en examinant les types d'organismes de politique linguistique qu'ils ont mis en place. J. M. Eloy et M. Sztrum identifient — en dépit de la situation politique de certains pays qui rend difficile tout recensement en ce domaine — près de trois cents organismes de ce type. On constate qu'ils sont de nature très diverse, dans la mesure où ils n'ont pas à traiter, à la même échelle, des mêmes problèmes. Il existe certes de grandes différences entre le Centre de normalisation de la langue aranaise du val d'Aran qui s'applique, avec des moyens très réduits, à la survivance d'une langue sur un territoire limité, et les services de politique linguistique développés par des États puissants, comme le Canada ou la France.
De ce fait, le statut des organismes de politique linguistique se révèle extrêmement varié : soit insertion directe au cœur du pouvoir politique (comme, en France, le Conseil supérieur à la langue française et la Délégation générale à la langue française, rattachés au Premier ministre), soit service relevant d'un ministère (l'Office de la langue française du Québec, dépendant du ministère de la Culture), soit encore section spécialisée d'un ministère non spécialisé, département linguistique d'une université, association, etc. Mais il reste difficile, dans l'état des descriptions dont on dispose, de faire des parallèles. Ainsi, le nom d'académie peut recouvrir des réalités extrêmement variées. Il est possible de considérer que se sont dotés d'académies, dans un sens relativement voisin de celui où nous l'entendons en France, des pays comme la Bolivie, le Brésil, la Colombie, Cuba, l'Égypte, l'Équateur, le Guatemala, le Honduras, le Panamá, le Pérou, le Salvador, le Venezuela. On remarque le succès de la formule dans les pays de langue espagnole. Même les États-Unis possèdent plusieurs académies : Academia puertorriquena de la le […]
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