Élève de Lesueur, comme Berlioz, Ambroise Thomas gravit rapidement les échelons de la hiérarchie musicale : Grand Prix de Rome en 1832, élu membre de l'Institut (contre Berlioz) en 1851, professeur puis directeur du Conservatoire, il connaît tous les honneurs et toutes les gloires. Esprit médiocre, voire mesquin (dans son opposition à Berlioz par exemple), il est le grand maître de l'académisme du milieu du siècle ; habile artisan, il compose une vingtaine d'opéras et d'opéras-comiques (Le Songe d'une nuit d'été, 1850 ; Le Carnaval de Venise, 1857 ; Mignon, 1866 ; Hamlet, 1868), des messes, des cantates, un Requiem. Rien dans l'œuvre de Thomas ou dans son enseignement ne dépasse la médiocrité. L'opéra-comique Mignon est le seul ouvrage de ce compositeur, jadis adulé et décoré, qui ne soit tombé dans l'oubli.
Philippe BEAUSSANT
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