3. Un rayonnement international
Avec l'aide du gouvernement, Nikolaïs entreprend des tournées à travers les États-Unis puis, à partir de 1968, en Europe, où Paris lui réserve un prodigieux triomphe. Il reçoit le grand prix du Festival international de danse, première des innombrables distinctions qui lui seront décernées en France et dans le monde. L'accueil enthousiaste des Parisiens, fascinés par le poétique Tent (1968), va en effet infléchir sa carrière devenue internationale. Conscient de ses dons pédagogiques, le gouvernement français lui demande en 1978 de fonder, à Angers, le Centre national de la danse contemporaine qu'il dirige durant trois ans et d'où sont sortis nombre de chorégraphes, tel Philippe Decouflé.
Sa créativité semble en constant renouvellement. À Manhattan, il a inauguré, en 1970 son nouveau théâtre, Space, et son école de Dance Lab. Il surprend avec les projections de cercles de lumière sur l'écran et les danseurs de Scenario (1971). À Paris, dans Schema (1980), ballet commandé par l'Opéra, il se plaît à entremêler danseurs, masques, acrobates de cirque ainsi qu'une marionnette géante de Murray Louis. Puis, il redonne la priorité au corps humain dans Mechanical Organ, Persons and Structures (1984) et Blank on Blank (1987). Son œuvre ne cesse par ailleurs d'être filmée et diffusée dans le monde entier. En 1989, sa troupe fusionne avec celle de son disciple Murray Louis qui saura préserver et diffuser son héritage dans le monde tout en confiant la garde des archives de cet homme de théâtre visionnaire, son maître, à l'Alden Library de l'Ohio University. Le génie insolite de ce poète du mouvement, du son et de la couleur, surprend et éblouit une ultime fois, lorsqu'il combine les jeux de miroirs d'Aurora, un an avant son décès survenu à New York le 8 mai 1993.
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