Álvaro Cunhal, leader historique et charismatique du Parti communiste portugais (P.C.P.) pendant plusieurs décennies, a incarné à la fois la lutte inlassable contre la dictature salazariste et la plus stricte orthodoxie marxiste-léniniste, hostile à toute forme de rénovation.
Né le 10 novembre 1913 à Coimbra, Álvaro Cunhal, dont le père est avocat libéral, rejoint Lisbonne à l'âge de onze ans pour y faire ses études et s'inscrire à la faculté de droit. Dès 1934, il adhère au P.C.P., que le régime salazariste vient de rendre illégal. Secrétaire général de la jeunesse communiste en 1935, il entre l'année suivante au comité central d'un parti inlassablement pourchassé par la police politique salazariste. Surnommé « Daniel » par ses camarades et « Duarte » dans la clandestinité, il est de toutes les luttes contre Salazar, et se retrouve emprisonné une première fois en juin 1937. En 1940, il obtient sa licence en droit après avoir soutenu brillamment, sous escorte militaire, son mémoire de fin d'études sur « la réalité sociale de l'avortement ».
Figure de proue d'un parti décapité par la police politique, Álvaro Cunhal réorganise le P.C.P. dont il tente de rompre l'isolement international en se rapprochant de l'Union soviétique, où il se rend en 1947. À nouveau arrêté en mars 1949, il est condamné à l'issue d'un procès au cours duquel il se livre à une virulente dénonciation du régime salazariste et se présente comme « le fils adoptif du prolétariat ». Il passe onze années en prison, dont huit d'isolement total, confortant cette image d'inflexibilité qui lui confère une légitimité et une aura quasi mythique au sein du mouvement communiste. En janvier 1960, il s'évade de façon spectaculaire de la forteresse de Peniche. Dans la clandestinité, il devient, en 1961, secrétaire général du P.C.P. À partir de 1962, il s'exile à Moscou, en Tchécoslovaquie et en Roumanie, puis à Paris, où il assiste aux événements de mai 1968 et où la révolution des Œillets le surprend le 25 avril 1974.
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



