Le poète romantique et écrivain socialiste Alphonse Esquiros n'est pas, comme il le prétend, un enfant du peuple ; il est issu d'une famille de chirurgiens et de négociants. Il reçoit au petit séminaire de Saint-Nicolas une éducation religieuse qui le marquera fortement. Admirateur passionné de Victor Hugo, il fréquentera de façon intermittente le Petit Cénacle, qui réunit autour de Pétrus Borel les plus célèbres des Jeune-France. Un recueil poétique, Les Hirondelles (1834), où Esquiros développe en préface son rêve d'une République des lettres, est favorablement accueilli par la critique malgré le petit nombre d'exemplaires vendus. Message d'espérance, ces pièces d'inspiration nettement panthéiste s'efforcent de préserver le fragile équilibre qui hanta la pensée romantique, entre bonheur individuel, idéal socialiste et mystique chrétienne. De 1834 à 1837, des articles donnés à la France littéraire et à La Presse, où Victor Hugo le fait entrer comme spécialiste des sciences occultes, rendent compte des activités multiples de l'écrivain : il fréquente les salons littéraires, les théâtres, les cours de la Sorbonne, les soirées et les bals de l'impasse du […]
