Romancier français, Alphonse Daudet est né à Nîmes dans une famille aisée. Cependant, à la suite de la ruine de son père, il doit abandonner ses études et, à dix-sept ans, il doit travailler comme répétiteur au collège d'Alès. Cette pénible expérience, menée pendant deux ans, constituera la matière autobiographique de son premier roman, Le Petit Chose (1868). En 1857, il rejoint pourtant à Paris son frère aîné Ernest et fait paraître l'année suivante ses vers de jeunesse, Les Amoureuses. Après que le duc de Morny l'eut pris comme secrétaire particulier, Alphonse Daudet s'essaya, avec un succès inégal, à divers genres littéraires : il écrivit des nouvelles et des contes, Le Roman du Chaperon rouge (1862), et subit plusieurs échecs au théâtre. Les Lettres de mon moulin (1869), qu'il écrivait en secret depuis longtemps, lui donnent brusquement la célébrité. Il y déploie un talent sûr de conteur provençal : ce sont des récits pleins d'une sensibilité, d'une vie et d'un humour qu'il accentuera peu après dans Tartarin de Tarascon (1872), caricature où apparaît déjà un réalisme plus outré. Avec Le Petit Chose, ces livres sont parmi les plus populaires de notre littérature, et sans doute le doivent-ils à leur verve et à leur aisance, qui n'empêchent pas l'observation psychologique de rester précise. Après la guerre de 1870, Daudet rapporte ses souvenirs dans les Contes du lundi (1873), tandis que son drame en trois actes inspiré des Lettres de mon moulin, L'Arlésienne (1872), pour lequel Bizet écrit la musique, suscite un triomphe. Mais Daudet s'oriente maintenant vers la littérature naturaliste : il entreprend un véritable travail de documentation, amasse quantité de notes, remplit des cahiers et des observations, notamment celles qu'il a pu faire lorsqu'il était secrétaire du duc de Morny, au début de sa carrière parisienne. Fromont jeune et Risler aîné (1874) est le premier roman où se repère cette évolution qui le rapproche de Zola ou des Goncourt. Dans Le Nabab (1877), il exploite sa connaissance des milieux des affaires […]
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