2. Analphabétisme et alphabétisation
• Questions de définition
Les statistiques actuelles donnent le plus souvent des taux d'alphabétisation (dits taux d'« alphabétisme ») et non d'analphabétisme. Ce changement dans le vocabulaire permet d'éviter d'utiliser le concept d'analphabétisme, jugé trop stigmatisant, même si par ailleurs la rhétorique du « déficit » ou du « handicap » perdure. Le terme analphabète demeure d'usage courant, mais les spécialistes usent davantage de celui d'« alphabète », pour désigner une personne ayant acquis un continuum de compétences, de la maîtrise de la lecture et de l'écriture jusqu'à la maîtrise d'un ensemble de connaissances et de savoir-faire relativement complexes.
Dans les pays développés, la notion d'illettrisme a été avancée pour désigner la situation de ceux qui, ayant été scolarisés, se révèlent incapables d'utiliser leurs connaissances pour répondre à certaines exigences minimales de la vie quotidienne (lecture et compréhension d'un mode d'emploi ou d'un horaire d'autobus, remplissage de formulaires administratifs, etc.).
Le besoin d'une définition conventionnelle s'est manifesté après le second conflit mondial, dans le contexte de la décolonisation, de l'affirmation des identités politiques et culturelles, de l'émergence d'une coopération internationale venant à l'appui des programmes nationaux d'éducation des adultes. À cet égard, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (U.N.E.S.C.O.), créée en 1946, a joué un rôle important. C'est ainsi qu'en 1951 un comité d'experts réuni par l'U.N.E.S.C.O. proposait une première définition selon laquelle pouvait être considérée comme alphabète toute « personne capable de lire et écrire, en le comprenant, un exposé simple et bref de faits en rapport avec sa vie quotidienne ». En conséquence, selon l'U.N.E.S.C.O., « une personne capable seulement de lire et d'écrire des chiffres et son nom doit être considérée comme analphabète, de même qu'une personne qui sait lire mais non écrire, ainsi qu'une personne qui ne peut lire et écrire qu'une […]
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