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ALOÏSE ALOÏSE CORBAZ dite (1886-1964)

Aloïse Corbaz est aujourd'hui connue sous son seul prénom, pour être devenue l'une des artistes majeures de la Collection de l'art brut fondée par Jean Dubuffet. Née le 28 juin 1886 à Lausanne, Aloïse Corbaz est la fille de François Corbaz, employé des Postes suisses et agriculteur, et de Julie Vivian. Inscrite à l'école secondaire de Lausanne, elle obtient son certificat d'études en 1904. Puis elle suit les cours de l'école professionnelle de couture, toujours à Lausanne. Elle envisage ensuite d'entamer une carrière de cantatrice et s'amourache en même temps d'un étudiant en théologie. Ses aspirations professionnelles et sentimentales ayant tourné court, elle s'expatrie en 1911 : elle est engagée à la cour de Potsdam, au poste de gouvernante d'enfants chez le chapelain de Guillaume II. Pendant ce séjour en Allemagne, elle conçoit une passion pour le Kaiser, que ses scrupules religieux réussiront à cantonner au registre de l'imaginaire. La guerre vient interrompre ses tourments et ses fonctions. Elle regagne la Suisse en 1914. Durant les quatre années du premier conflit mondial, elle exprime une conviction pacifiste et humanitaire dont l'excès la plonge dans des troubles comportementaux. Sa famille décide de la faire interner en 1918, à l'asile d'aliénés de Cery, dans la commune de Prilly, près de Lausanne. Deux ans plus tard, elle est transférée dans une filiale de cette institution, l'hôpital psychiatrique de La Rosière à Gimel-sur-Morges. Elle y restera jusqu'à sa mort, le 5 avril 1964.

Jean Dubuffet, amateur de l'œuvre de ceux qu'il nomme les « irréguliers de l'art » avant d'inventer l'« art brut », découvre les créations d'Aloïse en 1947, par l'intermédiaire de Jacqueline Forel, qui, alors qu'elle était étudiante en médecine, a elle-même rencontré en 1941 la patiente de La Rosière. En 1953, Jacqueline Forel consacre à ce cas sa thèse de médecine, sous le titre : Aloyse ou la peinture magique d'une schizophrène. D'un point de vue médical, Aloïse était considérée comme s […]

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« ALOÏSE ALOÏSE CORBAZ dite (1886-1964) » est également traité dans :

FOUS LITTÉRAIRES

Écrit par :  Jean-Jacques LECERCLE

Dans le chapitre "Essai de typologie"  : …  , et les écrivains bruts sont souvent également des peintres, le cas le plus connu étant celui *d'Aloïse. Curieusement, ces textes se prêtent mieux à l'appréciation et à la valorisation littéraire que ceux des « fous littéraires » au sens strict, sans doute parce qu'ils ne sont pas contraints aux compromis avec l'ordre social et discursif qu'… Lire la suite

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Bibliographie

A. Bonfand, Aloïse, catal. expos., textes de G. Tosatto et J. Porret-Forel, coll. L'État des lieux, La Différence-Musée départemental de Rochechouart, Paris, 1989

Les Cahiers de l'Art brut. Collection de l'Art brut, Lausanne, 1964-1990

J. Porret-Forel, Aloïse et le théâtre de l'univers, Skira, Genève, 1993

La Voleuse de mappemonde. Les écrits d'Aloïse, Zoé, Genève, 2004

M. Thévoz, L'Art brut, Skira-Flammarion, Genève-Paris, 1991 (é.o. 1975)

Art brut, psychose et médiumnité, coll. Les Essais, La Différence, Paris, 1999 (é.o. 1990).

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