5. L'allemand dans le monde
Tard venue parmi les grandes langues de culture de l'Occident, la langue allemande a mis du temps à s'imposer, sans jamais parvenir au niveau de l'anglais ni même du français. Cependant, la politique active des États germanophones, une émigration abondante, le renom des savants et des industriels allemands avaient grandement étendu son audience, au début de ce siècle. L'allemand était la langue de la philosophie, de la linguistique, de la chimie, de la médecine.
La situation a certes changé. Il n'empêche que l'allemand est la langue maternelle de plus de cent millions d'hommes. Hors des pays où il est langue officielle (l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse), l'allemand, ou l'un de ses dialectes, est parlé par des minorités non négligeables : ainsi, en Union soviétique (« Allemands de la Volga », déportés en 1947, puis « réhabilités »), en Argentine (Gran Chaco), aux États-Unis (Michigan). Les habitants des États de l'Europe centrale issus de l'Empire austro-hongrois, les Scandinaves, les Néerlandais le pratiquent souvent aussi.
Mais les États germanophones, en partie parce qu'ils sont plusieurs, n'ont pas de politique linguistique à proprement parler ; leur absence de plusieurs grandes organisations internationales fait que l'allemand y est peu utilisé. À l'étranger, les Instituts Goethe et les Instituts culturels autrichiens offrent bibliothèques et cours de langue. Les dictionnaires Duden (Mannheim) définissent un usage moyen, reconnu généralement comme norme. Mais l'allemand est loin d'avoir dans le monde l'importance que devrait lui valoir le poids politique et économique des pays germanophones.
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