L'Allemagne, grâce à sa situation géographique au centre de l'Europe, se trouve à un carrefour de civilisations. À l'est, elle est en contact avec le monde slave (Pologne, République tchèque), au nord avec le monde scandinave (Danemark), à l'ouest avec le monde latin (France et Belgique). Les contacts sont anciens avec la Norvège, la Suède et surtout l'Angleterre (les Angles et les Saxons ; la livre sterling venant de la monnaie utilisée par les hanséates appelés Osterlinge). À travers l'Autriche et la Suisse, autres pays germaniques, l'Allemagne est en contact avec l'Italie, le monde slave du Sud (les pays issus de l'éclatement de la Yougoslavie) et le monde magyar. Aucun pays en Europe, voire au monde, n'a des contacts aussi diversifiés.
De la mer du Nord et de la Baltique aux Préalpes de Bavière, les paysages sont multiples et variés. L'Allemagne se partage, essentiellement, en deux domaines naturels : la moyenne montagne ou Mittelgebirge, avec ses bassins et vallées, et la grande plaine du Nord. Elle ne déborde que faiblement sur le monde alpin. C'est dans ces deux domaines que les peuples germaniques ont exercé leur pouvoir civilisateur. On l'a vu lorsqu'au Moyen Âge les vagues de colonisation ont porté loin vers l'est le front pionnier.
Il serait abusif de ramener la géographie de l'Allemagne uniquement à ses aspects matériels ou matérialistes. L'histoire montre le génie créateur des peuples germaniques. On n'a pas le centralisme à la française avec la prééminence de la capitale. Le polycentrisme est un des fondements de la géographie, de l'économie et de la culture de l'Allemagne. Il n'y a jamais eu de capitale unique du monde germanique. Sous le Saint Empire romain germanique, y compris au moment où le titre impérial est le plus prestigieux, l'existence de nombreuses principautés, seigneuries, villes, dotées de pouvoirs parfois antagonistes, nuit à l'intérêt commun. Ce polycentrisme se reflète à travers les aspects régionaux qui restent très vivaces. La Réforme fait perdre à l'Empire la seule unité qui lui […]
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