2. L'effondrement de la R.D.A.
Ne pouvant incarner l'ensemble de la nation allemande et ne disposant d'aucune légitimité démocratique, la R.D.A. était un État artificiel, créé par l'U.R.S.S. au nom d'une idéologie totalitaire, avec le concours des communistes allemands. Cet État était rejeté par une bonne partie de la population, comme en témoignent la révolte des ouvriers, le 17 juin 1953, et les millions de réfugiés est-allemands passés en Allemagne de l'Ouest. Pour retenir ses ressortissants, la R.D.A. entreprit, le 13 août 1961, la construction du Mur de Berlin, après avoir installé un rideau de fer, sans cesse perfectionné, le long de la frontière interallemande. Sans les tanks soviétiques en 1953 et le Mur de Berlin en 1961, la R.D.A. se serait sans doute effondrée rapidement. Il est cependant difficile de savoir dans quelles conditions la question allemande aurait été réglée, les Occidentaux souhaitant, de leur côté, une Allemagne démocratique et libérale, intégrée au camp occidental.
Après 1961, la population dut s'accommoder d'un régime de coercition qu'elle n'acceptait pas mais qui lui procurait des garanties sur le plan social ; elle connaissait les différences de niveau de vie qui existaient par rapport à l'Allemagne de l'Ouest. À partir des années 1970, les responsables de Berlin-Est développèrent de façon limitée les rapports avec la République fédérale, cela pour éviter l'implosion du régime. Ils ne pouvaient aller très loin par crainte de ne pas maîtriser des exigences grandissantes, notamment la liberté de voyager.
Le régime communiste de la R.D.A. a été ébranlé par l'impact des réformes en Pologne, en Hongrie et en U.R.S.S., qui montraient à la population que le socialisme policier, peureux et sclérosé, ne constituait pas un ordre immuable. L'isolement d'Erich Honecker, l'homme fort depuis 1971, est devenu évident lorsque Mikhaïl Gorbatchev s'est ouvertement prononcé en faveur des réformes le 7 octobre 1989 à Berlin-Est, lors du quarantième anniversaire de la fondation de la R. […]
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