6. La partition (1945-1949)
Pour beaucoup de pays, 1945 ne représente pas seulement la fin de la guerre, mais un changement interne. Parfois un simple renversement de majorité, comme en Grande-Bretagne ; parfois le retour à la légitimité antérieure, comme en Norvège ou en Autriche ; plus souvent la naissance d'un nouveau régime, comme en France, au Japon et en Europe de l'Est. Mais ces changements sont peu de chose par rapport à la discontinuité profonde et multiple que vit l'Allemagne. On a le choix entre les dates symboliques : le 20 avril, l'Union soviétique remet à l'administration de la Pologne un cinquième du territoire allemand d'avant les conquêtes hitlériennes, dont la population est expulsée au-delà de la ligne Oder-Neisse ; le 8 mai, la capitulation sans condition marque l'aboutissement du grand massacre voulu et déclenché par Hitler ; le 5 juin, une proclamation des vainqueurs annonce que ceux-ci prennent en main la souveraineté de l'Allemagne ; le 30 juillet, le système d'occupation quadripartite dont naîtront la division de l'Allemagne et celle de Berlin commence à fonctionner. Ainsi, peu de semaines après avoir dominé l'Europe, l'Allemagne devient un simple objet de la politique internationale. Le retour à l'état de sujet agissant se fera lentement, de façon incomplète, en fonction du conflit qui va opposer les vainqueurs. Le traumatisme éprouvé par les esprits, les bouleversements subis par la société et le système politique, les changements introduits par les occupants laisseront des marques définitives qui, malgré des continuités économiques et sociologiques peu à peu révélées, font de 1945 une date charnière de l'histoire allemande.
• Le procès de l'Allemagne en ruine
À l'époque, livres et films s'intitulent volontiers « Allemagne, année zéro ». Parce que le pays vaincu apparaît si détruit, si désemparé que tout semble à reconstruire, depuis les maisons jusqu'aux esprits. Mais aussi parce […]
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