2. Déclin de l'État, progrès économiques et sociaux (XIIe-XIVe siècle)
L'Allemagne connut, jusque vers 1150, un régime de royauté purement élective, à la merci des coalitions féodales ; Welf (ou Guelfes) de Bavière, et Waiblingen (ou Gibelins) de Franconie s'affrontaient. Il faut attendre 1152 pour que le pouvoir impérial se rétablisse, avec l'avènement de Frédéric Ier Barberousse (1152-1190).
• L'Allemagne dans la première moitié du XIIe siècle
Au début du xiie siècle, la limite de l'Empire, comme celle du christianisme, restait, à peu de chose près, comme trois siècles plus tôt, sur l'Elbe et la Saale. Tous les efforts accomplis au xe siècle par les Otton pour assujettir les territoires de l'Est s'étaient terminés par des échecs. La dynastie franconienne s'était désintéressée de ces régions. Le seul résultat de l'œuvre des Otton avait été la fondation de l'Église polonaise, qui avait d'ailleurs échappé à la tutelle allemande. Au cours des xie et xiie siècles, les princes polonais cherchèrent, de leur côté, à étendre leur influence sur les populations entre Oder et Elbe. La situation était comparable aux confins du Danemark, dont l'Église s'était elle aussi émancipée, les relations restant toutefois assez cordiales, du fait de la menace commune des Wendes.
Cependant, au début du xiie siècle, de nouvelles conditions de pénétration allemande se précisèrent, avec un effort nouveau de christianisation, notamment en Poméranie et dans le Holstein, où l'évangélisation alla de pair avec l'arrivée des colons allemands. On parla dès lors de croisade, pour laquelle saint Bernard autorisa les Allemands du Nord à détourner celle prévue en Terre sainte ; mais deux grosses armées, soutenues par les Polonais et les Danois, échouèrent piteusement devant les Liutices du Brandebourg et les Obodrites du Mecklembourg (1147).
Politiquement, la situation avait pourtant changé, durant […]
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