3. Révolution agricole contemporaine et perspectives à l'horizon de 2050
• Projections de la population et des besoins alimentaires
Selon les projections démographiques des Nations unies établies en 2004, la planète comptera en 2050 entre 7,6 et 10,6 milliards d'humains, avec une variante moyenne à 9,1 milliards. Les chiffres avancés dépendent fondamentalement de l'hypothèse retenue quant au taux de fécondité moyen (nombre d'enfants par femme en âge de procréer) qui sera atteint en 2050 : 1,6 ou 2,1 ou 2,6. Selon le scénario moyen des projections à plus long terme, la population mondiale pourrait atteindre un maximum de 9,2 milliards en 2075, puis évoluer vers 9 milliards (Nations unies, 2004).
Sur la base de projections démographiques, P. Collomb, agronome et démographe français, a calculé pour chaque pays les disponibilités en kilocalories d'origine végétale qui seront nécessaires en 2050 pour que la population puisse manger tout juste correctement, y compris un peu d'aliments d'origine animale pour assurer une diversité minimale du régime alimentaire (P. Collomb, 1999). Pour cela, il a effectué des projections concernant les structures démographiques (classe d'âges, taille moyenne, taux de fécondité, taux d'urbanisation) et les besoins alimentaires correspondants, tout en prenant en compte les inégalités d'accès à la nourriture et les pertes. D'après ses calculs, les besoins humains en kilocalories d'origine végétale auront, à l'échelle du monde, à peu près doublé en 2050 par rapport à leur niveau de 1995. Ils seront multipliés par quelque 1,8 en Amérique latine/Caraïbes, 2,2 en Asie et 4,9 en Afrique. Dans plusieurs pays de ce continent, ils feront même plus que décupler. En revanche, dans les pays développés, ces besoins pourraient légèrement diminuer.
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