2. Agriculture, population, alimentation : les leçons du passé
• Perspective historique
Depuis une dizaine de milliers d'années, la population humaine a fortement augmenté, cet accroissement ayant été rendu possible grâce à une gigantesque augmentation des capacités de production agricole mondiale (fig. 5), mais aussi grâce aux progrès de la médecine, de l'hygiène et des autres conditions de vie. Jusque vers 8000 avant J.-C., les humains se nourrissaient exclusivement des produits de la chasse, de la pêche et de la cueillette, ce qui, même dans les écosystèmes les plus favorables, ne permettait que de faibles densités de population. Au Néolithique, l'homme devint progressivement éleveur et agriculteur, et les produits de la culture et de l'élevage prirent une part croissante dans son alimentation. C'est ainsi que, entre 8000 et 3000 avant J.-C., la population mondiale passa d'environ 5 millions à 50 millions de personnes. Entre 3000 et 1000 avant J.-C., elle doubla, notamment en raison du développement des sociétés agraires hydrauliques des vallées de l'Indus, de la Mésopotamie et du Nil. Entre 1000 avant J.-C. et 1000 après J.-C., elle s'éleva de quelque 100 millions à 250 millions d'individus, du fait principalement de l'extension de la riziculture aquatique dans les vallées et les deltas de Chine, d'Inde, d'Asie du Sud-Est et, à un moindre degré, en raison de l'expansion d'agricultures hydrauliques en Amérique (Olmèques, Mayas, Aztèques, sociétés préincaïques...).
De l'an 1000 à 1950, la population humaine décupla, augmentant ainsi d'environ 250 millions à 2,5 milliards de personnes. Cet accroissement résulta de la progression des agricultures hydrorizicoles, particulièrement en Asie, et de deux grandes révolutions agricoles : celle du Moyen Âge (xie-xiiie siècle) en Europe du Nord-Ouest, et celle des xviie, xviiie et xixe siècles. Cette dernière s'étendit tout d'abord en Europe, puis dans les colonies de peuplements d'origine européenne des régions tempérées d'Amérique, d'Afrique du Sud, d'A […]
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