En ce début de xxie siècle, la situation mondiale de l'alimentation est très contrastée : d'un côté, abondance – voire suralimentation – pour environ 1,3 milliard de personnes vivant surtout dans les pays développés ; d'un autre côté, faim continuelle pour près d'une personne sur cinq dans les pays en développement et pour une petite fraction de la population des pays développés, soit un peu moins d'un milliard de personnes. Certes, la proportion de la population humaine sous-alimentée a diminué au cours des dernières décennies, mais le nombre de personnes souffrant de ce mal n'a guère baissé. Plus de deux milliards de personnes sont carencées en minéraux ou en vitamines, et près de 30 p. 100 des enfants des pays en développement sont victimes de malnutrition. Les diverses formes d'action contre la faim et la malnutrition sont donc insuffisantes. Or, pour nourrir tout juste correctement l'humanité à l'horizon de 2050, c'est-à-dire pour assurer la sécurité alimentaire, il faudrait doubler la production végétale à l'échelle du monde par rapport à son niveau de 1995. Entreprendre des actions pour mettre en œuvre un développement agricole important et durable, en particulier dans les pays pauvres, est une nécessité absolue, qui implique de relever des défis techniques mais aussi, et surtout, des défis économiques et sociaux.
1. Alimentation, sous-alimentation et malnutrition au début du XXIe siècle
• Besoins alimentaires
Contrairement aux végétaux – qui peuvent vivre en absorbant simplement de l'eau, du gaz carbonique, des éléments minéraux et de l'énergie solaire –, les humains, comme les animaux, doivent ingérer des matières organiques, ou macronutriments (glucides, lipides, protéines). Or l'industrie n'est toujours pas en mesure de synthétiser de manière rentable à grande échelle ces matières organiques, et ne le sera pas de si tôt. Pour nourrir des milliards d'hommes, il n'est donc pas d'autre voie que de continuer de pratiquer l'agriculture.
Les macronutriments fournissent […]
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