Éduquer, instruire, protéger les individus, aménager les conditions de leur liberté, réprimer les conduites qui nuisent à autrui, lutter contre les fraudes, telles sont les missions essentielles des États. Si le choix des aliments est un acte libre, il n'en reste pas moins que se nourrir est vital et que tous les hommes n'ont pas un accès égal à la nourriture. Dès lors, la question de l'intervention d'une autorité publique se pose et, autour de l'alimentation, des enjeux de politiques publiques existent bien.
Les problèmes à résoudre qui concernent l'alimentation sont de nature très différente entre les pays développés et ceux qui connaissent un retard de développement. Pour les pays en retard de développement, les préoccupations sont d'ordre quantitatif et le problème est celui de la sous-alimentation d'une fraction parfois importante de la population. Pour les pays développés, si la pénurie s'estompe, le niveau d'exigence des individus s'accroît considérablement de même qu'une forme nouvelle de malnutrition. Les préoccupations sont donc désormais plutôt qualitatives, et les politiques publiques qui sont mises en œuvre depuis environ un demi-siècle, en France comme en Europe, en sont le reflet. La politique agricole commune (P.A.C.) fut la première à apparaître mais d'autres s'y sont ajoutées, au premier rang desquelles celle qui concerne la sécurité sanitaire des aliments dont l'objectif est de garantir dans ce domaine un niveau aussi élevé que possible aux consommateurs. D'autres politiques ont trait, par exemple, aux qualités spécifiques des produits agricoles et alimentaires, à l'information des consommateurs, à la nutrition.
L'analyse historique de ces politiques publiques en Europe montre que c'est moins une politique dédiée à l'alimentation qui se construit qu'une forme nouvelle d'intervention des collectivités publiques.
1. Un marché commun de denrées agricoles et alimentaires
Le 25 mars 1957, le traité de Rome instituant la Communauté économique européenne entre l'Allem […]
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