6. Hétérogénéité des comportements : des différences et des inégalités
Avec l'abondance de l'offre alimentaire, l'impression prévaut aujourd'hui que, dans un pays comme la France, les différences de consommation sont plus liées aux goûts ou aux caractéristiques individuelles (âge, culture alimentaire, taille et composition du ménage, temps disponible...) qu'à l'impossibilité économique d'acquérir les produits. Les stratégies de différenciation des produits et de segmentation des marchés contribuent d'ailleurs à entretenir l'idée d'une alimentation de mieux en mieux adaptée aux besoins des différentes catégories de consommateurs.
Il n'est pourtant pas difficile d'observer la persistance d'inégalités quantitatives directement liées au niveau de revenu des ménages. Par exemple, même si les différences tendent à se réduire, le pain et les pommes de terre sont encore consommés en quantité plus importante par les ménages les plus pauvres. Inversement, les consommations de fruits et de légumes frais deviennent probablement les plus inégalitaires des consommations alimentaires : les écarts entre ménages riches et pauvres ont tendance à augmenter et ils sont loin d'être compensés par les approvisionnements non marchands (les jardins et les échanges directs). La consommation de légumes surgelés est à peine moins inégalitaire. Il n'y a guère que les conserves dont la consommation soit globalement très peu différenciée. On pourrait multiplier les exemples. Dans tous les cas, les tendances à moyen terme sont les mêmes : les inégalités de consommation liées au revenu ne s'atténuent vraiment que pour les aliments dont les prix relatifs ont significativement baissé pendant une période suffisamment longue.
On retrouve là un mécanisme identique à celui qui oriente l'évolution de l'alimentation sur une longue période. Lorsque les revenus réels sont très bas, les prix relatifs des groupes d'aliments sont déterminants et les sources de calories les moins chères (en général les céréales et le […]
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