3. Aliments en croissance, aliments en décroissance
L'évolution qui vient d'être retracée est la traduction nutritionnelle de changements massifs dans la consommation des principaux aliments. Quelques exemples permettent d'en prendre la mesure. En France, par exemple, d'après les données de l'Annuaire statistique de la France de l'I.N.S.E.E., la consommation de pain a baissé de moitié entre le début des années 1950 et la fin du xxe siècle (120 à 130 kg/pers./an en 1950 et seulement 59 en 2000) et celle des pommes de terre a suivi le même mouvement (125 à 150 kg/pers./an en 1950, 69 kg/pers./an en 2000). La consommation des légumes et des fruits s'est, quant à elle, fortement accrue, passant de 60-70 à 125 kg/pers./an pour les légumes (frais et transformés) et d'environ 40 à 65 kg/pers.e/an pour les fruits. La consommation de tous les produits d'origine animale a également augmenté de façon très significative : de 115 à 130 kg/pers./an pour le lait et les produits dérivés, de 44 à 87 kg/pers./an pour l'ensemble des viandes et de 10 à 24 kg/pers./an pour les poissons, crustacés et coquillages.
En France toujours, cette évolution du régime alimentaire a entraîné une augmentation des ingestions de lipides accentuée par l'accroissement de l'utilisation des corps gras (de 12 à 20 kg/pers./an pour l'ensemble beurre, huile et margarine). Après avoir augmenté jusqu'au début des années 1970, la consommation directe de sucre a ensuite fortement baissé, mais cette baisse est plus que compensée par la progression continue des aliments et des boissons sucrés au sein de l'alimentation. Dans le domaine des boissons, les changements sont massifs : la consommation globale d'alcool a diminué au profit de celle de jus de fruits, de sodas (qui est passée de 8 à 53 l/pers./an de 1950 à 2000) et, surtout, d'eau minérale (de 10 à 153 l/pers./an). Dans le même temps, la consommation de vin courant s'est effondrée (de 120 à 32 l/pers./an) sans être compensée quantitativement par l'accroissement de la co […]
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