L'animal, comme l'homme, assure sa croissance et, en fonction du programme génétique de l'espèce, atteint à l'âge adulte une dimension et un poids corporel qui demeurent approximativement stables. Sa composition corporelle, en particulier la proportion en eau et en graisses, est identique chez tous les individus de l'espèce et constante chez l'adulte. Ces constantes impliquent l'existence d'une double régulation physiologique fondamentale : celle du bilan des entrées et des dépenses d'énergie, celle des entrées et des pertes spécifiques des matières dont est construit l'organisme. La régulation du bilan d'énergie, dont le résultat chez l'adulte est la constance du poids corporel, exige que la dépense régulière d'énergie représentée par le « métabolisme moyen » de l'animal soit couverte par une acquisition équivalente sous forme d'aliments. Elle exige aussi que toute variation, soit du métabolisme, soit de l'acquisition alimentaire, détermine une variation dans le même sens sur l'autre poste du bilan. Cette régulation quantitative nutritionnelle comporte deux versants et deux possibilités de régulation : le contrôle de la dépense métabolique et celui du comportement alimentaire. L'expérience démontre qu'une élévation ou une réduction du métabolisme énergétique, compensant respectivement un excès ou un déficit alimentaire, sont exceptionnelles. En dehors de ces exceptions, une régulation quantitative de la prise alimentaire constitue le seul mécanisme actif qui assure l'équilibre du bilan par un ajustement des apports à la dépense métabolique. Lorsque les deux possibilités de régulation sont défaillantes, l'excès alimentaire entraîne l'augmentation de la réserve d'énergie que constitue le tissu adipeux, et donc l'augmentation du poids corporel ; le déficit alimentaire a, au contraire, pour conséquence la fonte de ce tissu et la perte de poids. La régulation qualitative de la composition corporelle dépend aussi, pour tous les apports « essentiels », de la régulation de la prise alimentaire représenté […]
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