L'artiste italien Alighiero e Boetti a été l'un des protagonistes majeurs des manifestations liées à l'arte povera organisées par le critique Germano Celant ; ses premières réalisations peuvent être assimilées à cette praxis, qui “consiste à éliminer, supprimer, appauvrir les signes pour les réduire à des archétypes”. Cependant, Boetti s'oriente très vite vers un tout autre type de propositions, fondées sur des mécanismes conceptuels où se mêlent processus d'élaboration et mise en situation d'attitudes et de comportements qui participent de l'œuvre. Boetti décrit, avec beaucoup d'ironie, les prétendues étapes de sa carrière foisonnante et inclassable : “Des incendies, à partir de 1946, j'en ai provoqué sans interruption jusqu'à aujourd'hui, avec toutes sortes de matériaux. En 1954, il m'a fallu trois jours pour reconstituer un manuscrit que j'avais précédemment mis en pièces, deux heures pour mettre bout à bout trois cent quarante-deux allumettes, un instant pour mettre un poids sur une toile d'araignée...”
C'est à Turin, sa ville natale, et à la galerie Christian Stein qu'Alighiero e Boetti expose pour la première fois. L'artiste y présente un ensemble de pièces […]
