3. La longue retraite apaisée
Gladstone et les graves victoriens lui refuseront en 1892 l'honneur de succéder à Tennyson comme poète-lauréat, malgré son évolution vers le conservatisme et son poème à la gloire de la reine. Il apparaissait trop dans les trois séries de ses Poèmes et ballades (1866-1878-1889) comme un rebelle, libéral et sensuel. Il aimait la rébellion comme un enfant. Son étude sur Blake redonne droit de cité à ce grand poète ésotérique. Ses drames poétiques sur Marie Stuart, les Borgia et Marino Faliero (1885) témoignent de son attrait pour les heures troubles et violentes de la Renaissance. Son roman inachevé, Lesbia Brandon, jette quelque lumière sur son drame personnel, son isolement d'homme marqué par la surdité, l'éthylisme, la sexualité anormale et sadique. Mais son amour de la belle langue, son mépris du faux romanesque lui ont permis de récrire avec plus de vérité humaine que Tennyson l'histoire de Tristan (Tristram of Lyonesse, 1882). Il a influencé Mallarmé, Verlaine, D'Annunzio et Gide. Et il reste l'un des plus grands maîtres du vers anglais.
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