2. Le chantre des libertés politiques
Tout au long de sa vie, Swinburne reprendra les thèmes lyriques de la passion, de la mort, du grand bercement de la mer. Mais entre 1865 et 1879, sous l'influence de Landor, le vieux poète romantique révolutionnaire, et de Mazzini, qui avait fait proclamer la république à Rome en 1849 et qui conspirait pour son idéal partout où il trouvait asile, il compose ses Chants d'avant l'aube (Songs before Sunrise, 1871), hymne à la liberté, à la république, contre le christianisme et l'Église catholique et véhément plaidoyer en faveur d'un humanisme ouvert à toutes les joies de la vie, à tout ce qui unit l'homme à la nature et se refusant à toute contrainte. Il renoncera même à ses idées esthétiques pour lutter avec plus de vigueur contre tous les despotismes, celui du tsar, du kaiser, du pape. Il aime Hugo, Villon, Balzac, et voit l'humanité s'avancer lentement vers la république universelle. Il traduit aussi en de splendides poèmes les désirs et les frustrations de ceux qui, comme lui, s'abandonnent à l'amour grec. Ses dons lyriques étaient enviés, même d'un Tennyson. Mais sa vie dissipée, ses excès de toute sorte que favorise la fortune dont il hérite en 1877 en font dès 1879 une épave. Un ami va le sauver, Theodore Watts-Dunton. Installé dans une villa à Putney où il mourut, le poète protégé contre ses vices et ses faiblesses vieillit sagement et dignement.
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