Chimiste suisse né à Mulhouse et mort à Zurich. Dès l'âge de vingt ans, Werner est à Zurich où il soutient en 1890 sa thèse de doctorat sur l'étude de la structure et de la stéréochimie de composés azotés. Après un an passé à Paris dans le laboratoire de Marcelin Berthelot, il revient à Zurich. En 1895, il acquiert la nationalité suisse et il est nommé professeur à l'université de Zurich.
Sans cesser de s'intéresser à la chimie organique, il consacre alors la plus grande partie de son activité à la structure des composés inorganiques et il crée la chimie des complexes ou chimie de coordination qui va connaître un grand développement. À la différence de ce qu'August Kekulé avait proposé pour l'atome de carbone, Werner distingue pour un métal (par exemple le cobalt, le chrome, le platine) engagé dans une combinaison deux types de valence : la valence primaire, responsable de la formation des ions en solution, et la valence secondaire, ou indice de coordination, satisfaite par des molécules neutres, telles que l'ammoniac, l'éthylènediamine, etc. À partir des deux types de valence ainsi définis, Werner propose pour ces complexes une structure octaédrique qui permet de rendre compte des phénomènes d'isomérie géométrique ou optique que présentent certains d'entre eux. Werner entretiendra une controverse très fructueuse avec le chimiste danois S. M. Jørgensen (1837-1914) qui avait accumulé un grand nombre de résultats expérimentaux sur ces composés métalliques et présentait une théorie différente sur leur constitution. La théorie de Werner sera ultérieurement très bien interprétée par les approches électroniques et les calculs quantomécaniques de Sigwick (1927) et de Linus Carl Pauling (1931). Werner reçoit le prix Nobel de chimie en 1913.
Georges BRAM
Retour en haut



