Poète et érudit anglais. On discerne chez Housman une sincérité exigeante, scrupuleuse, intensifiée et maîtrisée à la fois par un pessimisme stoïque et par une réserve orgueilleuse, mais aussi les frustrations d'un tempérament homosexuel. Son demi-échec comme étudiant à Oxford s'explique par une concentration excessive sur la critique textuelle, où il trouva la consécration de dons exceptionnels qui l'arrachèrent au fonctionnariat et firent de lui un latiniste de réputation internationale, à l'université de Londres puis à Cambridge ; mais son acharnement à éditer, à côté de Juvénal et de Lucain, le poète le plus abstrus, Manilius, apparaît comme un moyen paradoxal de répression contre l'expression de sa vraie richesse intérieure de poète avide d'amitié et de beauté. La discipline du classicisme a renforcé en lui un goût spontané de la concision épigrammatique, de la pureté de la forme, d'une musique très savante qui interdit au sentiment tout débordement facile, mais favorise une nostalgie poignante et confère une valeur universelle, rappelant l'Anthologie grecque, à l'évocation des scènes et des paysages pourtant si typiquement anglais de A Shropshire Lad (1896). Ces q […]
