3. La signification des névroses
La disposition névrotique qui en résulte est en fait déjà une véritable névrose. Les symptômes proprement névrotiques : manifestations d'angoisse, troubles fonctionnels, insomnies, fatigue, obsessions, phobies, apparaissent avec plus de netteté et revêtent une allure pathologique seulement dans les circonstances où un besoin intime de légitimation exige l'instauration d'artifices d'intensification. Les symptômes restent latents dans les conditions propices où le sujet peut se permettre, par d'autres stratagèmes, de rester éloigné des tâches redoutées. Confronté à un problème estimé insoluble, il mettra alors en œuvre des mesures de sécurité renforcées, propres à accentuer la distance de ce qu'il considère comme un danger. Son imagination amplifiera son anxiété par des cauchemars et des anticipations néfastes. L'effet du choc accroît, par la voie du système neurovégétatif, l'ébranlement de l'organisme avec les modifications qui en résultent et aident l'individu à s'engager dans la voie de la retraite. Cet ébranlement provoque souvent des perturbations fonctionnelles, particulièrement dans les organes qui, marqués par une infériorité héréditaire ou une surcharge d'attention, réagissent le plus fortement aux perturbations psychiques.
Les manifestations psychiques et les symptômes fonctionnels se présentent soit simultanément, pendant une certaine période de la maladie, soit alternativement. Séparés de leur contexte pathologique, ils peuvent paraître contradictoires ou prendre l'apparence d'une scission de la personnalité.
On ne peut prétendre que le névropathe désire être malade. Il souffre réellement, mais préfère inconsciemment cette souffrance à celle causée par la perspective d'un échec, la démonstration de son insuffisance et l'humiliation de son orgueil. Dans son optique, les symptômes sont subis comme des entités pathologiques indépendantes de ses propres possibilités d'action. Le style de vie reste incompris par le malade, ce qui lui permet de s'estimer victi […]
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