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MEINONG ALEXIUS VON (1853-1920)

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2.  La « théorie des objets »

Les thèses directrices du système de la Gegenstandstheorie se nouent dans les deux ouvrages les plus constructifs de Meinong. En 1899, celui-ci en vient à reconnaître une classe d'objets appelés « objets d'ordre supérieur ». Les Gestaltqualitäten d'Ehrenfels lui avaient fait tenir les relations pour objectives, et il développe systématiquement l'idée d'objets – comme la différence, ou la constellation de Cassiopée – pour ainsi dire construits sur des objets qui les conditionnent à titre d'inferiora. Dans le Traité des assomptions (Über Annahmen, 1901), qui est probablement son meilleur livre, Meinong décrit toute une classe de faits psychiques « intermédiaires » entre la représentation et le jugement. Les « assomptions » possèdent, comme le jugement, un facteur d'affirmation ou de négation, tout en étant dépourvues de tout élément de conviction. Sans elles, on ne peut comprendre la nature de l'inférence, ni l'appréhension des faits négatifs, ni la nature du jeu et de l'art, ni même la communication en général. Comme les jugements, les assomptions portent sur des « objectifs » qui sont vrais ou faux. Cette notion d'objectif (Objectiv) permet d'articuler la théorie des assomptions sur la théorie des objets ; si je juge que la neige est blanche et si je demande simplement : « qu'est-ce que je juge (ou j'assume) ? », au sens où je demande quel est l'objet d'une représentation ou d'une idée, il est clair que ma question ne porte pas sur l'objet « neige », car il est impossible de juger ou d'assumer une entité telle que la neige ; nous pouvons seulement juger ou assumer qu'elle existe ou qu'elle est blanche, et ce sont là des « objectifs ». Correspondant à la signification de nos phrases, ils permettent à Meinong de construire une théorie objective des fonctions de la phrase.

Aux divers actes mentaux seront rapportés divers types d'objets, indépendants de l'esprit. Meinong conçoit l'objet visé à travers le contenu mental comme un référent objectif  […]

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