Rejeton d'une vieille famille noble mais appauvrie de Kostroma, Pissemski est trop enraciné dans la vie provinciale (malgré des études à Moscou) pour partager les idées occidentalistes ; trop déclassé pour être solidaire des propriétaires terriens : il applaudit à la libération des serfs. Il connaît trop bien les défauts de son peuple pour l'idéaliser, d'où une certaine complaisance désabusée, une part de naturalisme, voire de cynisme dans ses œuvres. Mais sa force d'évocation l'apparente déjà au Tolstoï de La Puissance des ténèbres (Vlast' t'my) et au Bounine du Village(Derevnja) dans ses récits, Le Piterbourgeois (Piterščik, 1852), Le Sylvain (Lešyj, 1853), L'Artel des charpentiers (Plotnič'ja artel', 1855) ou son drame, Destin amer(Gor'kaja sud'bina, 1859). Il se situe dans le courant de littérature accusatrice, popularisée par Bielinski, et apparaît même comme un auteur radical, allié aux rédacteurs roturiers du Contemporain (Sovremennik) dans leur conflit avec les tenants de la culture nobiliaire, de l'art pour l'art. Lui aussi conteste les prétent […]
