Le physicien théoricien Alexei Abrikosov est né le 25 juin 1928 à Moscou. Après des études à l'université de Moscou, il soutient en 1951 et 1955 ses deux thèses à l'Institut des problèmes physiques. Peu après que ses compatriotes Vitaly Ginzburg et Lev Landau ont proposé en 1950 une théorie résolument novatrice des états supraconducteurs, et aiguillonné par des résultats expérimentaux qui paraissent contradictoires, il montre (en 1952) comment, pour certaines valeurs d'un paramètre, la transition de phase entre l'état normal et l'état supraconducteur est du deuxième ordre, selon la terminologie due à P. Ehrenfest. Cette découverte lui permet de distinguer deux types de matériaux supraconducteurs, distinction qui se révèle rapidement essentielle. En 1953, Abrikosov démontre qu'un flux magnétique peut pénétrer à l'intérieur de ces matériaux. Il prévoit en particulier l'arrangement particulier qu'y prennent les lignes de flux magnétique, selon un réseau de tourbillons (les vortex d'Abrikosov). Mais comme cette idée n'est pas immédiatement acceptée par Landau, Abrikosov ne la publie qu'en 1957, ce qui la fera méconnaître jusqu'à ce que des expériences de diffraction neutronique la prouvent indubitablement en 1964. Ces travaux vaudront à Abrikosov de partager le prix Nobel de physique 2003 avec Vitaly L. Ginzburg et Anthony J. Leggett, un physicien britannique auteur de travaux fondamentaux sur la superfluidité.
Lauréat du prix Lénine en 1966, Abrikosov a poursuivi l'étude des propriétés quantiques des solides, et en particulier des nouveaux supraconducteurs à haute température critique. Il a également obtenu des résultats importants en électrodynamique et en astrophysique théorique. Professeur à l'université de Moscou jusqu'en 1976, Abrikosov a été responsable du département de physique théorique des solides à l'Institut Landau (Moscou) de 1965 à 1988, puis directeur de l'Institut de physique des hautes pressions à Troitsk jusqu'en 1991, tout en dirigeant le département de physique théorique de l'Institut des aciers et alliages de Moscou (1976-1991). Immigré en 1991 aux États-Unis, il y poursuit ses recherches au Laboratoire national d'Argonne près de Chicago.
Bernard PIRE
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