2. Une profession de foi orthodoxe
Cette vie de poète maudit aurait pu très bien conduire à la révolte. Mais Papadiamandis était trop chrétien pour croire aux martyrs et, en fin de compte, assumer leur sort. « Il avait la tradition religieuse dans le sang » (Dimaras). Marqué par son milieu familial, âme d'anachorète, il a la foi simple des gens du peuple ; rien en lui ne témoigne d'une angoisse métaphysique. À une époque où sa génération imposait la langue populaire et s'ouvrait à l'Europe, il se tournait vers Byzance et la tradition ecclésiastique orthodoxe, ennemi de toute innovation, de tout contact avec l'étranger. En 1893, dans Chantre pascal, il proclame sa profession de foi : « Un Anglais, un Allemand, un Français peuvent être cosmopolites, anarchistes, athées, tout ce qu'ils veulent. Ils ont accompli leur devoir patriotique ; chacun a fondé une grande patrie [...]. L'hellénisme encore esclave, comme d'ailleurs l'hellénisme libre, a et aura toujours besoin de sa religion. Pour moi, tant que je vivrai, que je respirerai, que je penserai, je ne cesserai jamais, surtout en ces jours éminents [des grandes fêtes orthodoxes] de célébrer mon Christ avec adoration, de décrire la nature avec amour et de dépeindre avec tendresse les pures mœurs grecques. »
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