Avocat à Paris, Millerand collabore au journal La Justice de Georges Clemenceau ; élu député de la Seine en 1885, il évolue rapidement vers le socialisme. Il refuse cependant de s'affilier à l'un des partis se réclamant de lui et anime le groupe des socialistes indépendants. Millerand développe un programme qui va servir de charte au socialisme réformiste, dans son discours de Saint-Mandé (1896), appelant à l'unité de tous les socialistes, il met en avant les trois points suivants : substitution progressive de la propriété sociale à la propriété capitaliste ; conquête des pouvoirs publics par le seul suffrage universel ; nécessité de ne pas sacrifier la patrie à l'internationalisme.
Millerand est le premier socialiste à participer à un ministère bourgeois, celui formé par Waldeck-Rousseau (1899-1901) : ministre du Commerce, de l'Industrie et du Travail, il met en place une Direction du travail et contribue à faire réduire la durée quotidienne de travail. Condamné par la IIe Internationale, dénoncé par l'ensemble du mouvement ouvrier français pour sa politique d'intégration des organisations syndicales, il rompt avec ce dernier.
Ministre des Travau […]
